mardi 11 novembre 2008

Françoise Hardy: belle écriture...


J'ai savouré Le désespoir des singes et autres bagatelles, de Françoise Hardy chez Laffont.
Ce livre m'a ouvert des chemins de réflexion et des réponses à certaines questions qu'une jeune fille de mon âge se pose et qu'une jeune fille de son âge a eu le temps d'analyser.... Sur l'amour, les hommes fuyants, la spiritualité et le monde artistique.... 
Comment on aime? Pourquoi lui et pas un autre? Pourquoi sommes nous attirés par des personnes qui alimentent nos névroses?

Avec une écriture simple et sage, l'artiste nous raconte la vie, et non pas seulement la sienne, mais celle qu'on aimerait vivre.   

Son regard sur l'amour est intelligent mais toujours sensible, on sa vie se déroule autour de cette sagesse de l'âge dont il y a beaucoup à apprendre....

mercredi 22 octobre 2008

"Je voudrais que tu m'explique le mot heureux", Une Désolation.

Je cherche dans les romans des pistes pour parvenir à faire ce que je désire, puis pour comprendre ce que je fais, ce que je vis.
Mon fiancé m'avait demandé de lire ce livre, pour comprendre qui il est.
Une désolation, de Yasmina Reza.

" Moi dont la seule terreur est la monotonie des jours, moi qui pousserait les battants de l'enfer pour fuir cet ennui mortel..." écrit le narrateur.

Je voudrais, moi qu'on m'explique comment on peut être enclin à vouloir autre chose que d'être heureux, un peu, beaucoup, passionnément.

mercredi 15 octobre 2008

Cadence(s)

Enfin, le site des EDitions Cadence(s) est en ligne avec un premier texte!

C'est ICI.

mercredi 8 octobre 2008

Pourquoi j'ai aimé le dernier livre de Christine Angot...



Au départ, je ne voulais pas lire Le marché des amants, mais un peu comme un automatisme, comme certains avaient décidé de ne pas voter Sarkozy par principe, sans réfléchir vraiment, puisque les autres ont tellement l’air de l’avoir fait à notre place. Puis j’ai glissé la tête entre les premières pages, et je me suis prise à ce jeu de l’amour et du hasard, entre le musicien métis et « sa bourgeoise », comme il l’appelle…

« Tous les moments étaient pleins avec lui. Comme un ballon bien gonflé qui s’envolait dans les airs au moindre souffle. »

La narratrice aime profondément son Doc Gynéco et pourtant leur couple fait rire dans tous les diners. Son « milieu » à elle ne la comprend pas, alors que son « milieu » à lui, respecte leur amour. Tout est une question de rythme. Lui, c'est un artiste, il a le sens du rythme, il a une élégance singulière, une résonance sexuelle et sensuelle qu’elle ne trouve pas chez ses amants journalistes de la rive gauche. Et la musique, ça se passe de tous les discours des intellos du Flore, qui se noient dans leurs clichés.
J’ai aimé ce livre pour la pureté d’un amour, qui se joue des différences. Mais se jouer des différences de milieux et de pensées, c’est un travail à temps plein et peu de gens s’y consacrent entièrement, parce que ça fait mal, parce que c’est dur… Alors oui, on sent que ça va déraper, mais c’est beau d’aimer ainsi. Le Doc aime « sa bourgeoise » de tout son être, mais il a un rythme à lui, que Christine a du mal à comprendre. Alors ça dérive… La vie, en sommes…
Elle, c’est une femme, qui vit entourée de codes, de conventions.
C’est une femme, oui, donc elle en demande toujours plus. Et elle aime à mesure de ce qu’elle ne peut pas totalement obtenir. Lui, il l'aime mais dans sa façon d'aimer, il ne sais répondre que cela:
« Tu m’étouffes. Je t’ai dit que je t’aimais et tu fais comme si je ne l’avais pas dit. Pourquoi tu fais ça ? »
Une femme, un homme, mars et vénus, toutes ces histoires. J'ai aimé que cette femme, que j'avais pourtant bien cru détester sans même avoir tenté de l'aimer, soit en proie aux mêmes dilemmes que moi, que toutes les femmes. Et si on passait son temps à convaincre l' Autre de nous aimer "à notre manière"?

Lé dépendance amoureuse, puis le grand espace que la liberté nous propose. Combler des vides. habiter des silences.
Et elle, elle ondule au rythme de son métis. Elle aime son rythme, sa musique, sa façon de capter des choses que tous les intellos de son monde ne capteront jamais.

« Il avait une oreille de musicien, un jour, on était au lit, on venait de faire l’amour, je lui avais dit « je t’aime » trois fois. Il disait : attention, j’entends quand c’est faux, je suis musicien. C’était vrai, le troisième je t’aime n’était pas aussi vrai que les deux premiers, il était plus mécanique, il avait été entrainé par les deux autres, il était pris dans la foulée. » @ Seuil

dimanche 28 septembre 2008

Un diamant gros comme le Ritz


IL y a quelques mois, un gentil homme, gentil auteur, me disais:

Tu devrais lire une nouvelle de Fitzgerald, dans Un diamant gros comme le Ritz, la jeune fille me fait penser à toi.....
Le temps a glissé doucement entre le moment où j'ai acheté le livre et où j'ai finalement pris le temps de la lire.
Voici Sally Carrol, dans la nouvelle "Le palais de glace". Jeune et jolie jeune fille qui attend à sa fenêtre que le temps passe, elle tue l'ennui en pensant à un ailleurs où elle pourrait se sentir utile et éprouver des choses nouvelles. Elle a fait le tour de son petit monde, le monde des blancs riches du sud de la Georgie. Nous sommes dans les années 20.

On la retrouve à la fin de la nouvelle, immobile, revenue à son sud, lancinant, suffocant et elle se prélasse à la fenêtre, en attendant que ses semblables viennent la chercher pour aller se divertir....

" Vous voyez, je classe toujours les gens, quel que soit leur sexe, en canins ou félins.Moi je suis féline et vous aussi," dit Sally Carrol à un homme rencontré dans le nord frigorifiant ou elle part pour tenter de "vivre".
Les canins? Des personnages d'Ibsen, droits, rigides, francs, frontaux, incapables d'éprouver de grandes émotions.
" Incapables de larmes ou de sourires?" demande Sally Carrol à son ami.
"Des races tragiques, ils ne se permettent pas le luxe des larmes", répond-t-il.

Effectivement, à force de mouliner, mon cerveau, triste animal blessé et combattant, profondément félin et passionné m'emporte. Et je finis toujours par revenir auprès de mes semblables, par besoin de reconnaisance de l'émotion turbulente....

samedi 23 août 2008

Bientôt la sortie de STUPRE 2


Le second Tome de la revue Stupre sort très bientôt avec pour thème succulent: SUR LA TABLE.
Grosse fièreté: la couv que voici..
plus d'infos sur le myspace de la revue...

mardi 29 juillet 2008

Aimez-vous Brahms?

J'ai emmené avec moi un vieil exemplaire de ce livre de Sagan: Aimez-vous Brahms? , ED. Juillard, 1959; premier tirage, peu d'exemplaires, et un papier jauni, des bords quelque peu déchiquetés par l'usure naturelle du temps. 

"Aimez-vous Brahms?" Question secondaire, pour titre romanesque, romantique.
"Aimez-vous l'amour?", aurait été plus approprié...
"Aimez-vous la personne avec qui vous êtes?"
"Aimez-vous plus l'Amour ou votre liberté?"
"Aimez-vous aimer cet homme ou aimez-vous l'idée d'être aimée d'un homme"
Choisir, subir, souffrir, découvrir le plaisir d'être simplement aimée, y croire et se tromper entre amour et attention, choisir entre l'Homme indélébile, inéluctable, qui fuit toujours lorsque nous aimerions sentir sa peau le dimanche soir, devant la solitude, et l'homme qui nous aime, c'est-à-dire qui nous porte une attention nouvelle, fraiche, qui sacrifie sa libert" secondaire au pied de votre seule beauté d'âme et de corps? 

Si vous êtes femme, amoureuse, indécise, homme romantique, homme aimant, amant sauvage, ce livre vous apportera quelques éclairages, quelques belles définitions....

Que retiendrez-vous?

La force de la fatalité de ce sentiment qu'on ne parvient pas à maîtriser....
La beauté de l'amour que l'on porte à celui qui ne nous satisfait jamais tout à fait mais nous transporte par de petites pointes de présence débordante?
Et vous, amants inconstants qui n'osaient regarder en face votre visage bouffi par les sensualités comédiennes de jeunes filles trop jeunes, trop belles? Saurai-vous craindre la vanité des rendez-vous secrets? 

Personne ne peut savoir précisément ce qu'est l'amour, qui régit les coeurs qui se soudent et se désoudent.  Mais ce petit livre jauni par le temps m'a baladé le long des sinueuses amours intemporelles.